Le Motocross des Nations réunit chaque année des équipes nationales composées de trois pilotes. Contrairement au championnat MXGP, centré sur les performances individuelles au fil d'une saison, cette épreuve se gagne collectivement lors d'un seul week-end. Chaque résultat compte, mais une course difficile peut être compensée par les performances des deux autres membres de l'équipe.
Le nom officiel actuel est FIM Motocross of Nations, souvent abrégé MXoN. En France, les appellations Motocross des Nations et MXDN restent très utilisées. Le format moderne repose sur trois classes, MXGP, MX2 et Open. Il ne prévoit donc pas de catégorie réservée aux les motocross 125.
Qu'est-ce que le Motocross des Nations ?
Le Motocross des Nations est un championnat du monde par équipes nationales placé sous l'autorité de la Fédération internationale de motocyclisme. Chaque pays engage trois pilotes, un en MXGP, un en MX2 et un en Open. Le classement final dépend de leurs résultats cumulés, et non de la victoire d'un seul pilote.
Une compétition collective dans un sport individuel
Durant la saison, les pilotes courent principalement pour leur classement personnel, leur constructeur ou leur équipe professionnelle. Aux Nations, ils représentent leur pays. Cette différence change la manière d'aborder la piste : terminer proprement peut être plus utile qu'attaquer sans marge pour gagner une place.
Un pilote peut remporter une manche sans que sa nation gagne le trophée. À l'inverse, une équipe sans victoire individuelle peut s'imposer grâce à trois pilotes réguliers. Le Motocross des Nations récompense donc autant la vitesse que l'équilibre du collectif.
Les trois catégories MXGP, MX2 et Open
| Catégorie | Rôle dans l'équipe | Courses disputées | Point à retenir |
|---|---|---|---|
| MXGP | Pilote engagé sur une moto conforme à la classe MXGP | MXGP avec MX2, puis MXGP avec Open | Cette catégorie accueille généralement l'un des pilotes les plus expérimentés de la sélection. |
| MX2 | Pilote engagé sur une moto conforme à la classe MX2 | MXGP avec MX2, puis MX2 avec Open | Le pilote MX2 affronte deux plateaux différents au cours de la journée. |
| Open | Pilote pouvant utiliser une moto répondant aux exigences MXGP ou MX2 | MX2 avec Open, puis MXGP avec Open | Le choix du pilote et de la moto permet à la fédération d'adapter sa stratégie. |
Chaque pilote dispute deux courses. Les trois membres d'une nation produisent donc six résultats au total. Cette organisation distingue nettement le MXoN d'une course de moto classique disputée dans une seule catégorie.

Comment fonctionne le Motocross des Nations ?
Le week-end comprend des essais, trois courses qualificatives par catégorie et, pour les équipes retenues, trois courses finales associant deux classes à chaque départ. Dix-neuf nations accèdent directement aux finales grâce aux qualifications. La vingtième place revient au vainqueur de la Finale B.
Les qualifications du samedi
Les pilotes MXGP, MX2 et Open participent chacun à une course qualificative de 20 minutes plus deux tours. Pour établir le classement des nations, seuls les deux meilleurs résultats de chaque équipe sont additionnés. Une première place vaut un point, une deuxième place deux points, et ainsi de suite. Le total le plus faible est donc le meilleur.
Les dix-neuf premières équipes se qualifient directement. Les meilleures nations non qualifiées passent par la Finale B, disputée le dimanche. Lorsqu'un nombre particulièrement élevé d'équipes est engagé, une Finale C peut également être organisée pour déterminer la dernière équipe admise en Finale B.
Les trois courses qui décident du classement
- La première course réunit les pilotes MXGP et MX2.
- La deuxième oppose les pilotes MX2 et Open.
- La troisième rassemble les pilotes MXGP et Open.
Les vingt nations qualifiées alignent ainsi deux pilotes dans chaque course, soit un maximum de quarante concurrents au départ. Chaque finale dure 30 minutes plus deux tours. Un pilote ne peut pas changer de course ou de catégorie en cours d'événement.
Comment les points sont-ils calculés ?
Le barème fonctionne à l'inverse de nombreux championnats : la première place rapporte un point, la deuxième deux points, la dixième dix points. Après les trois courses, chaque nation possède six résultats. Les cinq meilleurs sont additionnés et le plus mauvais est supprimé.
Prenons une équipe qui obtient les places suivantes : 2, 5, 15, 3, 4 et 1. Le résultat de 15 est retiré. Le total final est donc de 15 points, obtenu avec 2 + 5 + 3 + 4 + 1. Une autre nation doit terminer avec moins de 15 points pour passer devant.
Cette règle du résultat écarté limite les conséquences d'une chute, d'un incident mécanique ou d'une manche manquée. Elle ne rend pas l'erreur indolore : si un second pilote connaît une mauvaise course, les deux résultats pénalisants ne peuvent pas être supprimés. La régularité des trois équipiers reste déterminante.
Comment les pilotes se qualifient-ils pour le Motocross des Nations ?
Un pilote ne s'inscrit pas seul au Motocross des Nations comme dans une épreuve ouverte. Chaque fédération nationale sélectionne et engage une seule équipe de trois pilotes représentant le même pays. Les participants doivent notamment disposer de la licence requise et répondre aux conditions sportives fixées par la FIM.
La sélection dépend de la fédération nationale
Les résultats obtenus en championnat du monde, dans les compétitions nationales ou dans les séries américaines influencent naturellement les choix. La vitesse pure ne suffit pourtant pas toujours. La fédération doit composer une équipe cohérente, tenir compte de la forme du moment, de l'expérience internationale et de l'aptitude de chaque pilote à évoluer dans la classe attribuée.
La catégorie Open offre une marge tactique importante. Elle permet d'engager un pilote avec une moto conforme aux exigences MXGP ou MX2. Une nation peut ainsi renforcer son équipe avec un spécialiste d'une grosse cylindrée, conserver deux profils proches du MX2 ou adapter sa sélection au terrain attendu.
Se qualifier comme pilote et qualifier son pays
Deux niveaux doivent être distingués. Le pilote doit d'abord être retenu par sa fédération pour intégrer l'équipe nationale. L'équipe doit ensuite obtenir sa place parmi les vingt nations admises aux trois courses principales. Dix-neuf billets sont attribués après les qualifications, le dernier étant décroché en Finale B.
Cette distinction corrige une confusion fréquente : les qualifications ne sélectionnent pas dix-neuf pilotes, mais dix-neuf équipes complètes. Avec le vainqueur de la Finale B, le plateau principal réunit vingt nations et soixante pilotes, même si seulement quarante pilotes prennent le départ de chaque course.

Quelle est l'histoire du Motocross des Nations ?
La première édition a été organisée en 1947 aux Pays-Bas, avant la création des championnats du monde individuels de motocross. La Grande-Bretagne, représentée par Bill Nicholson, Fred Rist et Bob Ray, a remporté cette épreuve inaugurale face aux sélections belge et néerlandaise.
Des compétitions séparées au format moderne
À l'origine, le Motocross des Nations concernait les machines de 500 cm³. Le Trophée des Nations a ensuite été créé pour les 250 cm³, puis la Coupe des Nations pour les 125 cm³. Ces rendez-vous se déroulaient séparément. Au milieu des années 1980, ils ont été réunis dans une seule compétition associant trois classes et trois courses croisées.
Les appellations ont évolué avec les catégories du championnat du monde. MXGP, MX2 et Open ont remplacé les anciennes références directes aux cylindrées, mais le principe collectif est resté le même : trois pilotes, deux courses par pilote et un classement commun par pays.
Une épreuve marquée par de longues dominations
La Grande-Bretagne a dominé les premières années. La Belgique et la Suède ont ensuite occupé une place majeure dans le palmarès. Les États-Unis ont signé l'une des séries les plus marquantes avec treize victoires consécutives entre 1981 et 1993. Cette période a renforcé la dimension mondiale de l'événement en opposant directement les références européennes et américaines.
Le Motocross des Nations conserve aujourd'hui une identité particulière. Pendant un week-end, les intérêts individuels passent derrière le résultat national. Le système de points oblige chaque pilote à penser à sa place dans l'équipe, ce qui explique pourquoi une cinquième position maîtrisée peut parfois compter davantage qu'une tentative risquée pour gagner une manche.